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Rédigé à 17:09 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
L'année 2012 fût très peu commentée sur mon blog. Je dois avouer que cette année était un vrai challenge pour tous les paysans de notre région.
Le mauvais temps s'est invité à la table
du vigneron, laissant couler le long de ses joues, des larmes de pluies, et la
sueur du travail usant et difficile. Malheureusement beaucoup ne sont pas
parvenus à récolter les fruits de leurs parcelles, suite à des apparitions
rapides et sournoises, des maladies de la vigne. Cette pluie incessante ne nous
laissait alors qu’un très faible laps de temps pour protéger nos raisins. La
panne de tracteur ou l’inattention sanctionnaient directement le vigneron
étourdit ou malchanceux. Sur le domaine, plus de peur que de mal, d’autant plus
que les vins issus de cette année semblent très intéressants. Les raisins que
nous avons su préserver du Mildiou et de l’Oïdium sont généreux, tant la
complexité de leurs premiers vins promet des tempéraments forts et racés. Il
faut admettre qu’autant l’année fût difficile et éprouvante, autant nos
vendanges 2012 furent accueillies par un merveilleux soleil, qui prit soin de
faire murir les raisins protégés par une très belle acidité. Je ne sais pas si
je parviendrai à apprécier ce millésime, tant le climat fût difficile et aura
marqué ma mémoire, mais la future dégustation de ce millésime saura
certainement gommer ce passé de mon esprit.
Rédigé à 17:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Accompagner des Champagnes de parcelles sans expliquer la spécificité de chacune me semble incohérant pour les amateurs et dégustateurs, voilà pourquoi aujourd'hui, vous trouverez en première page du site, une carte interactive de chaque parcelle de la maison. Sur cette dernière, vous trouverez toutes les informations relatives aux parcelles, ainsi qu'un dessin de l'enracinement des racines, constaté durant les analyses de sols faites avec Claude et Lydia Bourguignon Laboratoire LAMS
Une carte principale du village dessine les contours de chaque parcelle, pour situer ces parcelles par rapport au village.
Enfin une coupe géologique explique les différents sols principaux de mon village pour rendre cette carte plus lisible.
Vous trouverez donc cela à cette adresse : http://www.chartogne-taillet.com/
Ainsi, tous ceux qui ont dans leur cave, une bouteille provenant de l'une de nos parcelles, pourront si ils le souhaitent, connaitre en détail les spécificités de celles ci.
Bonne visite du site pour les plus curieux d'entre vous !
Alexandre
Rédigé à 14:48 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Chaque Champagne a besoin d’une préparation, durant laquelle le vigneron apporte une dose de liqueur, qu’il est nécessaire d’évaluer avant le dégorgement. Cet ajout de liqueur au Champagne que l’on appelle dosage, permet de rééquilibrer le vin entre son naturel, son vieillissement et l’influence de la bulle qui prend parfois une place « importante » durant sa dégustation.
Ces deux cuvées étant produites en quantités faibles, j’ai invité deux professionnels et curieux du vin de notre région, pour partager avec eux des vins qu’ils ne pourront (comme moi …) plus goûter par la suite (ces bouteilles étant toutes réservées), mais aussi pour écouter l’avis de ces deux passionnés de la Champagne (Peter Liem de Champagne Guide et Geoffrey Orban, spécialiste des sols de la Champagne et de la Bourgogne de Educavin).
Dix bouteilles ont été ouvertes pour chaque cuvée, dosées entre 0 et 10 grammes de sucre / litre. Nos avis se sont rejoints à l’unanimité, pour partager avec vous ces deux Champagnes, dès leur sortie de cave prévue en Juin 2012. Ces dosages permettront de garder le sens et l'information principale du vin, tout en le rendant agréable et précis à la dégustation.
Rédigé à 10:48 dans Le vin | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Alors que le chiffre des années vient de prendre une ride, je dois vous annoncer le vin qui sortira d’ici peu des caves de la maison. Certains amateurs de vins se réjouissent de pouvoir gouter les vins de l’une des vendanges les plus prometteuses de la Champagne : l’année 2008.
Le premier vin de cette vendange à sortir de cave est la cuvée Sainte Anne, notre Brut Sans Année. Ce Champagne est composé de 47% de pinot noir, 39% de chardonnay, et 14% de meunier, de la vendange 2008. Quant aux vins de réserve (année 2007), ils représentent 28% de l’assemblage.
2008 se présente comme une année sage et précieuse. Ses aromes de fleurs blanches, de fruits à noyau, ou encore de coings éclatent au nez dans un assemblage très harmonieux. En bouche, le vin se fait plus subtil et délicat, sa trame droite et racée, rappelle les éléments minéraux de Merfy. Le vin s’épanouit dans sa jeunesse, il offre une tension sableuse, tout en gardant la mémoire des fruits que nous retrouvions au nez. Le minéral s’exprime plus que le fruit sur cette année d’exception, ce qui nous permet de penser qu’il s’agit là d’une cuvée Sainte Anne à beau potentiel de vieillissement.
La bulle explose délicatement en début de bouche puis laisse au vin sa place en milieu et fin de bouche. Le dosage actuellement apprécié est d’environ 4 grammes. Il ne faut (comme d’habitude), surtout pas glacer ce vin, qui s’apprécie entre 10 et 12°.
En raison d’une vendange moins généreuse qu’en 2007, 2006 …, ce Champagne a été produit en quantités plus faibles que les années passées. Nous verrons certainement voir apparaitre la cuvée Sainte Anne de 2009 juste après le milieu d’année 2012.
Rédigé à 15:28 dans Le vin | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Deux journaux, l'un Japonais, l'autre français, nous ont fait le plaisir d'écrire quelques pages et lignes sur notre métier.
Voici ces deux revues. L'une est facilement compréhensible, l'autre ...
L'intégralité du reportage est ici : Téléchargement Winart#65
Aligato !
Excellent début d'année à toutes et tous !
Alexandre Chartogne
Rédigé à 07:58 dans La presse | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Nous vous souhaitons à toutes et tous, un excellent passage à l’année 2012.
De gauche à droite : Roger Chartogne, Philippe Chartogne, Roger et Alexandre Chartogne, Eloi Chartogne. Un regret : Les femmes vigneronnes ne figurent pas sur ces photographies …
Comme l’année passée, je vais partager avec vous les écrits de mes ancêtres, qui nous ont laissé quelques mots sur les vendanges passées. Certains vignerons superstitieux se réfèrent toujours aux années passées se finissant par le même nombre. Voici donc la mémoire des années 1712 et 1812 (J’ai respecté les fautes mais saches Eloi Chartogne, mon fils, que si tu lis cela plus tard, cela ne t’autorise pas à faire les mêmes dans ton livre d’école).
1712 : Fiacre Taillet : L’an mil sept cens douze, bonne année en blé et en vin, le froment ont resté miélé, le blé à quinze livre le septié et le vin à quarante cinq livre la queux (ancienne mesure de liquides, variait selon les contrées, ici 266 litres).
1812 : Antoine Taillet (extraits ... beaucoup de détails sur la guerre de Napoléon) : Aujourd’hui, 2 Juillet 1812, il fait un froid excessif et les raisins tombent à terre. Le froid à duré constamment jusqu’au 16, ensuite des orages qui ont désolé quantité de pays. Et la douceur a repris. Ces petites pluies avec de la douceur nous ont fait augmenter le restant des raisins, car ils ont coulés au moins aux deux tiers, de manière que le vigneron était content de voir aller sa vigne aussi bien. Le mois de Septembre a été chaud, ce qui a fait noircir les raisins, de manière que le 23, le raisin était très noir, mais huit jours de pluies l’ont tardé. La vendange a commencé le 5 Octobre par un beau temps jusqu’au 12. Ensuite, toujours de la pluie jusqu’à la fin, de manière que quoique le raisin soit mur, le vin parait un peu verd ; quoique cela il a pris une couleur superbe. A partir du 11 Novembre il n’a cessé de geler très fort. Dans ce temps là, notre armée de Russie composée de 200.000 hommes a été totalement défaite, non tant par les batailles, mais par la forte gelée qui fit périr plus que les trois quarts du monde et douze mille chevaux. Il faisait si froid que les soldats ne restaient qu’un quart d’heure en faction, encore y en périssait-il beaucoup.
Bonne année !
Rédigé à 17:01 dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Voici quelques extraits de presse parus récemment qui parlent de nous.
La Revus du vin de France : Juillet Aout / Novembre
Cuisine et Vins de France : Septembre Octobre
Grand Guide des Vins de France Bettane / Desseauve : 2011 : Mon guide annuel pour choisir au mieux mes vins ...
Secrets of the sommeliers : Rajat Parr : I highly recommand this book if you live in the US, very interesting notes about the tasting and the wines from many regions
Guide Euvrard Garnier 2012
Rédigé à 08:19 dans La presse | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Comment définir une vendange, doit on juger la qualité du fruit par la couleur des baies, par le taux de sucre, par l’équilibre entre l’acidité et la maturité du fruit ? Il n’y a selon moi, aucun modèle figé qui puisse différencier une bonne vendange d’une vendange exceptionnelle. Seule la sensation du vigneron, sa sensibilité face au fruit peut permettre de définir tôt la qualité d’une vendange, et peu importe le sucre, l’acide, le ph ou les chiffres que nous apportent les analyses, seule la salive et le plaisir du goût peut nous indiquer si cette vendange fût exceptionnelle.
2011 n’est pas une année à chiffres, les raisins n’ont pas touché des sommets de concentration du fruit. Mais la maturité était bien au rendez vous, les raisins tout juste cueillis, faisaient saliver le cueilleur et le pressureur, des meuniers d’un bleu foncé noircissant, les chardonnays d’un jaune doré translucide, des peaux fines et des pépins bronzés. Voici la maturité obtenue pour ces deux cépages, qui semblent être les rois pour cette année 2011. Les Pinot Noir ont eux, nécessité un tri, avec une cueillette de ces parcelles en deux temps, cueillir les raisins murs, puis repasser le temps de redonner aux raisins restés sur la vigne, la chaleur et la lumière qui leur manquait.
Au final, ce sont donc des raisins gorgés de sucres qui arrivent au pressoir pour nous laisser des jus très fins et racés. De mémoire, je n’ai jamais goûté à Merfy de jus aussi équilibrés que les meuniers de cette vendange. Certains blancs offrent aussi un nez exceptionnel durant les fermentations qui sont en cours. Seule peut être la vigne des Heurte-Bise fût une déception, avec un nombre de grappes bien trop important pour nous laisser des vins d’exception. Le Chemin de Reims, les parcelles de Meunier, et comme d’habitude les Orizeaux et les Couarres chateau, nous réservent un bel avenir de dégustation. A suivre …
Rédigé à 11:32 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Nous voilà équipés de deux cuves ovoides supplémentaire. Ces cuves sont arrivées en cours de vendange dans notre chai. Au milieu des fûts se sont logés deux cuves de 16 hl pour accueillir les deux dernières parcelles vendangées en 2011 : Le Chemin de Reims et Les Heurte-Bise. Le déchargement de ces cuves est un vrai périple, je vous laisse découvrir les photos qui suivent.Un léger contrepoids fut nécessaire pour soulever ces oeufs de plus de 2 tonnes chacun ...
La première vient d’être remplie, et la seconde le sera dès demain en complément de deux fûts pour évaluer le potentiel de ces vins de parcelles selon les différents contenants ...
Voici quelques photos prises le jour du déchargement. Clin d'oeil à Muriel Jonet, qui recoit tous vos appels et fait partir les commandes (entre de nombreuses autres missions). Muriel se trouve à côté de l'oeuf sur la troisième photo.
Rédigé à 10:39 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Nous voici en vendange précoce ! Voilà maintenant une semaine que nous avons débuté la vendange, le 22 Août pour être précis. Des journées magnifiques, chaudes et ensoleillées ont mis à rude épreuve le moral de nos cueilleurs venus du nord. Ce soleil fût d’une superbe utilité pour la vigne, qui a directement assimilé cette lumière pour la transformer en sucres. La maturité des premières vignes nous offre des jus très purs, fins, élégants et francs.
Six vignes ont été vendangées la semaine passée : Les Beaux Sens, Le Mont Agé, Les Barres, Les Paccas, Le Closet, Les Alliées. Les Deux vignes françaises ont d’abord surpris, avec des odeurs de tilleul, d’aubépine, puis après débourbage, de la clarté est apparue dans le verre et en bouche, des jus extrêmement fins qui laissent sur la langue une mémoire longue de leur passage.
Vinrent ensuite les vignes de meunier placées sur le coteau au nord de Merfy, ici les meuniers se sont protégés d’une peau plus grasse et plus résistante. Les jus sont imprégnés de cette condition physique, nous offrant des odeurs plus sauvages et austères. Le gras de la bouche se fait plus pesant sur le palais, les futurs vins s’élargissent au niveau des joues, pour laisser en bouche une texture amandée, légèrement pierreuse. Des jus moins fins, mais plus complets et que les Meuniers issus des parcelles des Beaux Sens et des Barres (vignes de sable).
Après les meuniers magnifiques de ce début de vendange, deux gros orages sont venus interrompre la cueillette, nous nous sommes arrêtés jusqu'aujourd’hui, Lundi, pour cueillir les Orizeaux, les Grandes Couarres, et les Couarres Château, nos vignes de pinot Noir. Je déciderai demain après avoir goûté les raisins des parcelles de Chardonnay, si le fruit veut être cueilli ou doit attendre, la nuit porte conseil …
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Rédigé à 17:44 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Nous débutons par les parcelles Sud du village, les plus proches de la ville de Reims, d’où nous pouvons contempler le fourmillement de la grande ville. Au centre de ce fourmillement, nous apercevons la cathédrale où furent sacrés les rois de France, et au loin, notre œil peut distinguer plusieurs villages du sud de la montagne de Reims et leurs coteaux qui nous regardent.
Ces premières vignes du village sont plantées sur des sols sablonneux calcaire, dits du Thanécien. Ce même sable repose sur la craie qui se trouve à plusieurs mètres de profondeur, obligeant ainsi les racines à descendre en profondeur pour sucer ce calcaire singulier de notre région. En fonction de la parcelle, ce calcaire change, et le sable se fonce, s’habille de pierres, ou s’éclairci au premiers rayons de soleil.
La première parcelle que rencontre le marcheur est la vigne des Beaux Sens, une parcelle de plus de cinquante années plantée sans greffe, qui n’a pas subit le phylloxera. Le village a malheureusement subit la première guerre mondiale, et toutes les parcelles ont été replantées après la seconde guerre, soit dans les années 1950 – 1960. Ici, le sol est délié, le pas de l’homme s’enfonce dans son sol non compacté comme pour garder le souvenir de celui qui s’y est promené.
Ici une photo prise de mon pas dans le morceau de parcelle planté l'année passée.
Cette vigne de Meunier s’épanouit lentement sur ce sol chaud, elle signe ses vins de sa fragilité. La vigne des Beaux Sens se montre souvent capricieuse, elle explique à l’homme que son expérience de vie doit être prise en compte, et exige de ce dernier une présence accrue pour freiner son envie de faire autant que les vignes plus jeunes qui l’entourent. Les vins sont à l’image de cette parcelle, des monuments d’expérience, de saveur et de d’opulence. Ils demandent plus d’attention que n’importe quelle autre parcelle, ils sont fragiles, comme s’ils donnaient toute leur force dès leur apparition, en s’empêchant alors de se protéger lors de la période d’élevage. Ces vins apprécient l’air, mais donnent beaucoup trop dès leur début de vie pour supporter un long élevage dans les fûts. Si la parcelle me donne des raisins l’année prochaine, ses vins seront placés dans les œufs de ciment, pour leur laisser la liberté de s’aérer, tout en freinant ses ardeurs. Cette vigne française sans greffe, plonge ses racines dans un milieu plus froid que le sable de sa surface. Les 80 premiers centimètres de sol sont constitués du sable thanécien, puis apparait l’argile dure et calcaire, d’une couleur gris / bleu. De nombreuses racines de taille moyenne partent du pied de vigne pour aller se loger dans cette roche sédimentaire. Ci dessous, une photo de la roche et du sable, où l'on peut apercevoir les traces des racines de la vigne.
Quelques dizaines de mètres plus loin, en suivant la route qui longe les parcelles de sable, nous rencontrons « Les Barres », notre parcelle la plus âgée, qui dépasse la soixantaine. Tout comme sa voisine des Beaux Sens, Les Barres abrite une vigne francaise, qui n’a pas connu le phylloxera et ses ravages sans retour. Cette parcelle est beaucoup plus sage, son évolution beaucoup plus constante, sans complexes ni maladresse. Cette vigne de Meunier est bien plus pentue que la parcelle des Beaux Sens, son regard suit le soleil toute la journée, et ses raisins s’illuminent et se réchauffent du matin jusqu’au soir. Le sol est ici bien plus fin, ce sable moins orangé glisse entre les doigts de l’homme qui y aventure sa main. Les racines n’ont pas eu de mal à descendre à plusieurs mètres de profondeur.
Les petits raisins que nous offre Les Barres créent des vins sans pareil, d’une suavité exemplaire, puis suivent ensuite des notes épicées qui jouent avec l’iode naturelle que l’on retrouve dans les vins de Merfy. Comme la vigne, les vins des Barres sont constants et sans surprise, ils grandissent avec franchise, et s’épanouissent dans les fûts lorsque l’année est généreuse en soleil. Des vins de Printemps ou d’Automne, qui apprécient d’être découverts dans une atmosphère calme et sombre, sans excès de températures extérieures, et souvent après une période d’adaptation à son dernier lieu de vie. Ceux qui ont acquis la première cuvée Des Barres, devront souvent attendre quelques minutes, plusieurs heures, ou une journée bouteille ouverte juste coiffée de son bouchon, pour lui laisser le temps de s’imprégner de l’histoire et de l’atmosphère du lieu. Cette parcelle de vignes franches s’alimente différemment de la parcelle des Beaux Sens, le pied de vigne développe une grosse racine principale plongeante, verticale, qui va puiser en profondeur dans un milieu plus froid et riche que le sable de surface. Ce sable est quant à lui bien plus présent que dans les Beaux Sens il constitue une couche de plus de 2 mètres de profondeur. Les racines quant à elles, plongent bien plus profondément, je ne suis pas parvenu à creuser assez pour trouver la roche crayeuse sur laquelle viennent se reposer les racines.
En repassant ensuite devant les Beaux Sens, pour s’orienter vers le village, le visiteur découvre une vigne en surplomb, son emplacement nous fait tout de suite penser à un clos, bordé par les murs de pierre des maisons qui la regardent, cette parcelle impressionne, et donne l’impression de surpasser les autres parcelles du village par sa vigueur et son entrain. Souvent en avance sur les autres parcelles du village, cette vigne plantée en Chardonnay il y a 35 années plonge ses racines dans un calcaire directement accessible, accompagné de sables « rouges » et d’argiles à forte surface interne. La vigne s’y sent bien, et ses racines y sont bien plus lentes, l’enracinement plonge à un peu moins de deux mètres, et ne fait que peu d’efforts chaque année pour aller visiter plus bas. Sa végétation est quant à elle bien plus vigoureuse, comme pour montrer à l’’homme qu’elle est la belle et impressionnante vigne du village. L’équilibre entre la surface aérienne de la plante, et souterraine (racines) se retrouve dans les vins. Ces derniers, utilisés pour élaborer la cuvée Fiacre, sont toujours impressionnants d’équilibre entre la richesse du sucre, et la fraicheur de l’environnement. Une touche saline et une pointe d’amertume rappellent le calcaire du Chemin de Reims.
Un plan pour s'y retrouver ...
Rédigé à 17:16 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Bonne Année !
Nous vous souhaitons à toutes et tous une excellente année 2011 !
Cette année, pas de photo pour illustrer ce passage à l’an 2011. Ma curiosité m’a fait feuilleter les registres que tient ma famille depuis maintenant plus de 300 ans, et voici ce que j’ai trouvé pour les années en « 11 ». Ne faites pas attention aux fautes, le français écrit était le français parlé ! Je ne tiens pas à corriger leurs écritures.
Année 1711 : Commentaire court de Fiacre Taillet
L’année mil sept cent onze bonne année en blé et en vin, le seigle valait cinq livre le septié et le froment à neuf livre et le vin dix éscu la piesse.
Année 1811 : Commentaire de Antoine Taillet (morceaux choisis)
En Janvier, il a fait un temps qui nous a permis de toujours travailler, mais en Février, il n’a pas passé un jour sans pleuvoir, et très pas rude … Le mois de Mars a été sec et froid, on n’a pas perdu un quart d’heure à labourer les vignes, de manière que les vignerons ont été très fatigués et ont eue fait leurs mars les premiers jours d’Avril. Le mois d’Avril fût très pluvieux et quelques jours entre autres très doux, de manière que la vigne à paru pousser, et à boutonné en 6 jours. Le trois Juillet à midi précis, il fit encore un orage qui dura deux heures, et qui nous donna de la gresle considérablement. Cependant, cela suivit la montagne de Merfy et ne frappa que le Closet qui fut (vigne du Nord du village) un tiers dévasté, un peu dans les brés et Montagé avec une pluie extraordinaire et à sceaux jusqu’à quatre heures du soir. On ne saurait imaginer le bien que cette pluie fit, car cela entrempa la terre et fit prendre la nouvelle racine aux vignes. Et l’humidité resta dans la terre très longtemps. La vendange a commencé le 13 Septembre et continua jusqu’au 22 sans pleuvoir. Il plut ce jour là et deux jours entiers, et ensuite il fit beau. On acheva la vendange et les vins faits après la pluie ont été plus moelleux que les premiers. Le vin en général était excellent, et il y avait 17 ans (1794), qu’il n’y eut de pareil et en grande abondance !
Aucune raison donc que l’année 2011 ne soit pas un millésime ! à Suivre …
Rédigé à 11:20 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Préparons nous à un hiver long et froid. Dès cette semaine, nous avons retrouvé la neige d’antan, une neige à gros flocons, qui reste et habille nos toitures. Dans les vignes et dans nos villages, le spectacle est magnifique. Beaucoup se plaindront de cette neige, qui dans les villes est vite désintégrée par les tonnes de sel. Cependant, ici, à Merfy, elle reste et ravit tous les habitants qui savent ouvrir leurs yeux et profiter du spectacle.
Personne n’a pu venir travailler aujourd’hui, je vais donc allumer un feu de cheminée, prendre un livre et apprécier le paysage qui m’est offert par ce début d’hiver.
La première chose faite ce matin, était d’aller nourrir les moutons, qui ne peuvent désormais plus se nourrir de l’herbe de la parcelle des Couarres Château. Ensuite, j’ai fait un tour dans les vignes, voici quelques photos …
Rédigé à 10:32 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Affiner son travail, constater une évolution puis adapter notre intervention. Voilà mon travail de vigneron. Regarder et étudier la vigne dévoile une richesse d’informations, qui me permettent ensuite d’intervenir en faveur d’une amélioration de l’accompagnement de la plante et de sa parcelle.
Aujourd’hui, trois facteurs globaux sont à étudier lorsque l’homme intervient sur la vigne :
Le sol, l’atmosphère et la plante. Ces trois éléments orientés par le climat donnent toute la singularité du vin. Ce sont justement sur ces trois éléments que l’homme travaille entant que vigneron.
Jusqu’à présent, nous travaillons sur l’exploitation avec des outils respectueux du sol, sans herbicides, sans polluants lourds. Cependant, l’utilisation de tracteur lors de certains travaux intervient négativement sur deux éléments cités ci-dessus : Le sol et l’air. Le sol par le tassement des sols sous le poids de la machine, et l’air par la pollution créé par les gaz du tracteur. L'ère industrielle en viticulture (apparition des machines, engrais ...) a modifié nos paysages, nos terroirs, et a eu un impact fort sur le viticulteur, qui a découvert le stress et l'objectif à tout prix. Il est à mon sens pour le viticulteur, important de s'éloigner de cette situation de stress quotidien, d'objectifs quantifiables. Ceci nous détourne de la vigne et du vin, nous fait commettre des erreurs qui impactent et modifient le trésor que nous avons la chance de posséder : Les sols viticoles.
A partir de cette année, nous commençons le travail à cheval, pour réduire le tassement de nos sols viticoles, et affiner notre travail au maximum. Le cheval offre aussi à celui qui le mène, une sensation de bien être, loin du bruit, de l’huile, de la graisse, des pannes … Travailler au rythme du cheval est apaisant, il aide l’homme à apprécier son quotidien, en chassant une part de stress et en modifiant notre perception de notre environnement et de notre travail.
Nous commençons cette année à l’aide d’Alain Lhopital, qui travaillera avec ses deux chevaux (Polka et Pégaze) dans notre parcelle « Heurte-Bise », puis nous l’accompagnerons avec notre propre cheval, une fois que nous aurons tout préparé pour ce dernier.
Voici quelques photos du buttage réalisé il y a deux semaines à la maison :
Rédigé à 10:55 dans La vigne | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Deux – Mille – Dix
Pourquoi séparer ces trois nombres ?
Deux comme deux Hiver. Nous nous plaignons de ne plus connaître d’hiver, et cette année, l’hiver fût long et froid.
Mille comme un temps interminable de jours de soleil. Beaucoup de collègues ont eu peur de la sécheresse après cet hiver à rallonge.
Puis dix … dix fois trop d’eau en deux jours. Après cette grosse sécheresse, nous avons reçu en seulement deux jours (Mi août), plus d’eau qu’en quelques semaines / mois. 120 millimètres sont tombés sur nos sols et sur leurs plantes.
2010 fut rythmée par des stress et des excès. Le pouvoir d’adaptation de la vigne, aux différents climats et variations de températures fût mis à rude épreuve.
Ce stress qu’a accumulé la vigne s’est ressenti à la vendange. Le fruit de cette année était fragile.
Certaines parcelles ne sont pas parvenues à résister à cette année difficile, laissant leurs fruits tomber aux mains du botrytis. Ce fût le cas de nos parcelles de Meuniers, des Barres, des Beaux Sens, du Mont Taget, des Alliées …
Les raisins blancs quant à eux, ont montré les premiers signes de faiblesse le premier jour de la vendange, laissant alors apparaître quelques baies brunes au milieu d’autres déjà dorées. Puis, en suivant l’évolution de ces raisins, je me suis aperçu qu’il ne fallait qu’une journée pour que ces fruits s’abandonnent à un destin fatal. L’urgence n’était plus de vendanger les premières vignes de meunier (citée ci-dessus), déjà atteintes par le botrytis, mais bien de m’occuper des blancs, bien plus fragiles que les noirs. J’ai donc pris la décision difficile de laisser les vignes de Meunier, pour me précipiter vers les blancs. Des raisins murs, à la peau fine et fragile. Un résultat superbe à la sortie du pressoir, des jus précis, riches en sucre et en fraicheur.
Ensuite vint la vendange des Pinot Noirs, bien plus résistants que les raisins blancs, en nombre aussi bien moins important. Alors que les vignes de Chardonnay généreuses, nous donnaient de 40 à 60 hectolitres / hectare, les Pinots noirs, d’habitude plus gourmands, nous ont laissé de 20 à 40 hectolitres / hectare. Je dis souvent que la quantité de raisins dans les vignes m’importe peu, cependant j’ai toujours besoin d’un rendement minimum afin de pouvoir vinifier séparément les parcelles, pour offrir des Champagnes provenant du même lieu, sans assemblage.
Cette année, seules les vignes de Chardonnay ainsi que celles de pinot noir vont me permettre de faire des Champagnes de parcelles. Les Meuniers, quant à eux, furent vendangés à la fin. Une décision difficile mais sage que de les visiter en dernier. J’ai obtenu 4000 kgs de raisins de meunier, soit 2000 litres de jus sur cinq vignes, soit un peu plus de 2 hectares. Six fûts et un œuf accueillent donc ce que j’ai appelé cette année les Meuniers de sable, à défaut de pouvoir goûter chaque parcelle séparément.
Je reste très satisfait de cette vendange. Eprouvante psychologiquement, mais le soleil et la maturité des fruits, couplé au tri dans les vignes, nous laissent des jus suaves, riches et intéressants. Attendons de découvrir ces vins, à fort potentiel, mais certainement comme les raisins, fins et fragiles. 2010 pourrait être une excellente année si nous commencons à regarder le rapport sucre acidité. Mais ne parlons pas trop vite, patience …
Rédigé à 16:28 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Chaque vin a son identité, une singularité guidée par sa provenance, son millésime …
Nos sens nous permettent d’apprécier ces différences, cette richesse naturelle que nous offre chaque parcelle de vigne.
Hors, actuellement, la perte de la connaissance de chaque parcelle nous entraîne à faire des mélanges, ou encore à homogénéiser les manières de « vinifier ». Le choix des cuves se fait souvent pour l’aspect pratique qu’offre un contenant, mais n’est parfois (…) plus guidé par l’origine du vin, sa condition et sa constitution.
Au début de cette année, j’ai fait entrer dans la cuverie des cuves en ciment. Je recherchais des cuves offrant aux vins de certaines parcelles un contact avec l’air, sans l’utilisation du bois. Les fûts étant réservés aux parcelles dont la personnalité permet de dépasser l’influence du bois. L’inox et l’émail accueillent les vins subtils, fins et discrets, qui m’obligent d’attendre plus longtemps avant de les mettre en bouteilles.
Les vins de parcelles entre deux, souvent provenant des parcelles sur sables calcaire, apprécient l’air, mais réagissent parfois maladroitement au bois. Voilà pourquoi aujourd’hui, quatre cuves ovoïdes en ciment prennent place au milieu des fûts et des cuves. Ces cuves de ciment naturel, ont été moulées sans liant ou adjuvant de synthèse, et offrent aux vins un élevage qui se rapproche des anciennes méthodes de conservation du vin.
La première expérience faite dans ces cuves en début d’année, m’a permis de constater une ouverture plus rapide et plus homogène des vins. L’inox a créé une tension et une amertume, tandis que l’œuf a enrichi et ouvert ce même vin.
J’attends avec impatience le moment où je pourrai goûter l’évolution des vins de la vendange 2010 dans ces cuves.
Voici une photo de la cuverie :
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Le vin n’est pas construit en cuverie, ou durant la période de vinification. Il se prépare et s’épanouit attaché à la plante, influencé par le climat, l’altitude, l’ensoleillement, mais aussi et surtout par le sol, sucé par les racines de la vigne. Avoir un bon pressoir, c’est déjà respecter tout ce travail annuel de la plante, et tout le vécu du raisin Le pressurage est la première manipulation du raisin par l’homme, juste après la cueillette. Nous parvenons, en quelques heures de pressurage, à obtenir les jus du travail annuel de la vigne. En un sens, ce pressurage est fondamental, et nécessite un outillage précis pour extraire toute la finesse et la complexité des vins de nos parcelles.
Voilà pourquoi depuis maintenant quelques semaines, si vous venez à la maison, vous y apercevrez un nouveau pressoir. Il s’agit d’un modèle pneumatique (une membrane gonflée à l’air presse les raisins très lentement et délicatement, afin d’extraire les jus qui traduisent le mieux le travail de la plante, et de la parcelle. Nous ne nous servions que très rarement de notre ancien pressoir, mais avoir deux pressoirs à la maison est fondamental, puisque cela nous permet de réduire le temps de stockage des raisins avant de les presser. Je fais venir beaucoup de vendangeurs à la maison, de manière à cueillir rapidement les raisins, puis les presser moins de deux heures après la « récolte ».
Voici quelques photos de l’arrivée du pressoir à la maison …
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Le magazine Fine Champagne a depuis quelques mois organisé quelques dégustations à l'aveugle.
Ces dégustations ont fait honneur à nos cuvées, puisque les dégustateurs semblent avoir fortement apprécié nos Champagnes durant leurs dégustations répétées.
Rosé : 1er avec Billecard
Ste Anne Brut : 8ème / 100
Les Barres : 93 pts
Dégustation du "meilleur Champagne du monde" : 10ème / 1000
Je vous laisse quelques "scans" de ces articles élogieux.
Fiacre :
Le Rosé
Cuvée Sainte Anne Brut
Les Barres
Ce magazine est spécialisé dans les Champagnes, et offre aux lecteurs une très belle qualité d'articles, illustrés de photos sublimes. Il est distribué dans une bonne partie du monde, et si, comme moi, votre papeterie ne le propose pas, vous le retrouverez en ligne sur leur site :
European Fine Mag
Rédigé à 22:41 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Alors que je n’avais pas annoncé l’arrivée de cette nouvelle cuvée à
mes clients, certaines personnes ont découvert des articles dans la presse du
vin et m’ont appelé pour savoir si elle était disponible à la vente. J’ai
cédé, quelques bouteilles sont donc
sorties de la cave pour des amateurs assoiffés de nouveautés et d’expérience.
Et maintenant les demandes affluent.
Sachez au passage que vendre les premières bouteilles de cette cuvée
fut pour moi un petit déchirement. Une sensation que je compare à celle d’une
maman qui voit son fils partir loin du cocon familial.
Pour mémoire, ce champagne qui
porte le nom de sa parcelle, les Barres, est constitué de 100 % de pinots
meuniers, issus de plants de très vieilles vignes françaises, non greffés (
comme avant la crise phylloxerique à la fin du XIX° ). Et il est sans dosage.
Aujourd’hui j’annonce officiellement qu’il est encore trop tôt pour
sortir ce vin de la cave, et qu’ il ne sera disponible que dans 6 mois. Je
retiens l’enfant à la maison…
Environ 6 mois seront nécessaires pour parfaire le potentiel de cette
cuvée. Le vin fait montre d’une belle cohérence, une matière souple malgré
l’absence de tout dosage, une bouche longue et explosive et une subtile finale
minérale.
Mais si je m’amuse à comparer le vin à l’humain, la cuvée Les Barres a
encore besoin de maturité et de calme. N’étant pas du tout intervenu dans son
processus de vinification : vinification en fûts, levures naturelles
indigènes, pas de filtration, aucun
produit œnologique, cette cuvée peut se montrer exubérante mais aussi
caractérielle en saison froide de l’hiver. Et joyeuse et fougueuse dès que le
ciel se découvre et que le soleil réchauffe nos sols et nos foyers.
Chez vous, il ne faudra pas précipiter la dégustation, essayer de
comprendre le vin, en lui laissant le temps de s’épanouir, pour découvrir le
caractère grand et complexe de ce champagne.
Le carafer probablement.
Je vous ferai signe dès que je jugerai la cuvée Les Barres prête à
s’abandonner à vos papilles gourmandes.
Rédigé à 07:43 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Pour l’homme, la vie de nos sols se résume aux vers de terre. Il nous est facile d’imaginer la chaîne alimentaire des animaux carnivores, mais ce qui se passe sous nos pieds, cela, l’Homme n’y porte que très peu d’importance. Ce sol, que nous foulons quotidiennement, est peuplé de plus d’habitant que la terre compte d’humains. Mais ce monde microscopique, et désagréable à l’œil, ne nous intéresse pas, et intéresse encore moins la science.
Hors, même s’il ne s’agit pas directement de notre survie, ces sols viticoles ont une importance fondamentale dans le goût des choses qui, en un sens, est bien l’un des plus beaux plaisirs qui nous est donné d’expérimenter au quotidien. Les micro organismes présents dans ce sol, offrent à la plante une nutrition riche dans un milieu aéré et bien structuré. C’est tout un travail microscopique qui s’opère sous nos pieds, tandis que nous, humains, pensons plus à notre confort et aux minutes que nous gagnerons au quotidien, pour nous précipiter vers les dernières nouvelles scandaleuses ou ridicules que nous offre la télévision.
Nos scientifiques ont pensé à notre dos, en inventant des produits à appliquer sur nos sols, pour éliminer les herbes sans même avoir à descendre de nos machines. Mais après réflexion et quelques études basiques et visuelles, nous pouvons facilement nous rendre compte de l’effet néfaste de ces produits sur le fonctionnement même de nos plantes. Les produits, en éradiquant les herbes, n’oublient pas la population de nos sols, qui n’est plus capable de fournir assez de nourriture à nos plantes, tout cela dans un sol compacté par le passage des machines, et par le non fonctionnement des racines d’herbes. Dans ce cas, les racines des plantes en général, et des vignes en particulier remontent à la surface, pour préférer les compléments nutritifs chimiques basiques qu’offre le paysan d’aujourd’hui.
Claude et Lydia Bourguignon, deux spécialistes de nos sols, viennent à la maison une fois par an pour faire un trou, et étudier la vie microbienne, l’aération des sols de chaque parcelle, la perméabilité, l’épaisseur des argiles, etc. Cela me permet de pouvoir gérer mon travail, le faire évoluer de manière à donner à mes vignes, la possibilité de grandir dans un milieu riche et révélateur de la parcelle sur laquelle ils sont installés, sans utiliser ces produits inutiles et néfastes. Car c’est bien ce caractère singulier d’une vigne et de son nom qui sont importants dans le vin. Nous ne recherchons pas le raisin d’une plante, d’un cépage, mais bien d’un milieu, d’un environnement très personnel qui porte un nom, celui d’un morceau de nature, différent de son voisin. La plante traduit ce que le sol lui fournit, par un vin dont la typicité est « singulière ». Le cépage n’est pas le seul facteur descriptif du goût de nos vins, il influence uniquement l’orientation de ce goût, mais ne le définit pas …
Ce que Claude et Lydia me permettent de découvrir et de comprendre, est tout ce que l’homme a besoin de connaître pour travailler sa vigne. Ils sont en quelque sorte les docteurs savant de nos sols, et font parti des dernières personnes à pouvoir définir le sol, et surtout sa population microbienne avec exactitude. Nos scientifiques actuels s’empressent d’étudier la plante, sans comprendre que le sol est nécessaire à cette dernière, alors que Claude et Lydia prennent tous les facteurs en compte, pour faire fonctionner la nature selon sa propre volonté.
J’ai pris quelques photographies pour que l’homme n’oublie pas que les racines de vignes sont bien verticales, et extrêmement profondes. Que l’horizontalité des racines de la vigne qui peut être constaté suite à une intervention maladroite et polluante de l’homme dans ses vignes, n’est pas la vraie nature, qu’ils ont juste en face d’eux une plante malade, incapable de dépasser les 40 années de vie, et incapable aussi de révéler le vin magnifique que nos ancêtres étaient parvenu à présenter au monde. Ne pas utiliser d’herbicides, c’est avant tout se redonner le goût de nos terroirs, de nos villages, pour nous offrir une richesse parfois oubliée, celle de la table.
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Le travail de labour est un travail long, et qui demande de la précision dans nos gestes et habitudes. Libérer la vigne des herbes envahissantes pour laisser au sol la possibilité de nous dévoiler d’autres variétés d’herbes, qui coïncident avec l’humeur de nos terres, voilà l’objectif du labour.
Mais las de travailler sous pression constante, au rythme de l’horloge et des bruits qui nous influencent, je me suis posé la question de ce que pouvait donner le travail du sol à l’aide d’un cheval. Un ami m’a prévenu la veille de la formation, à laquelle je suis venu me greffer, pour me rendre compte de ce qu’était ce travail, et pour ressentir ce que les anciens me racontent encore aujourd’hui, leurs expériences vécues.
De cette rencontre, je n’en retiens que quelques lignes, mais de nombreuses sensations. Le travail se transforme en un moment de complicité entre le cheval et l’homme. Chacun à sa place, avec sa propre fonction, pour que le labour soit fait de la plus belle des manières. Le cheval avance à son rythme, et l’homme suit, derrière, en prenant le temps de regarder son travail, et d’en apprécier l’instant. Les outils attachés au cheval sont simples mais efficaces, ils offrent un confort et une qualité inégalée à ce jour (hormis peut être la binette, et encore …). La terre se soulève après le pas « léger » du cheval, qui offre le gros avantage à la nature de ne pas la compacter après son passage. Aucun bruit, juste celui de l’avancement, du pas et de l’environnement. Un vrai moment de détente malgré l’aspect physique de la tâche. L’esprit n’est pas entamé par le stress de bruits et de pannes constantes.
Rendez vous dans quelques années, pour je l’espère, vous présenter mon cheval. Il me faut le temps pour être sur de pouvoir offrir à ce dernier, la place, l’attention, et le soin qu’il mérite.
Rédigé à 21:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Plusieurs personnes sont venues à sonner à la porte. Des personnes charmantes, ne manquant pas de sens de l’humour, et de passion pour le vin et la gastronomie. Ce fût une visite découverte et joyeuse, durant laquelle ces personnes sympathiques m’ont questionné longuement sur des points précis de la viticulture et de l’œnologie. De vrais professionnels de l’écriture et de la dégustation, qui ont apparemment apprécié le travail et les vins de la maison.
Voici le commentaire qu’ils ont laissé suite à leur passage, je les en remercie.
Ps : Je remercie les journalistes de m'avoir légèrement rajeuni, mais dois tout de même mettre au clair une information : J'ai participé au salon terre et vins, mais n'ai pas organisé ce dernier.
Rédigé à 17:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Que décrire de plus que l’année passée, nous sommes encore une fois étonnés par cette belle surprise que nous a réservé la nature. Une année qui aurait pu nous être fatale, tant les pluies survenues durant le mois de Juillet ont été violentes. Certains coins de notre région n’ont pas été épargnés par ces pluies torrentielles, qui ont emporté avec elles, une partie des vignobles de la région. A Merfy, la situation était déjà plus clémente, les grosses pluies sont passées à côté du village, avec une seule grosse pluie de 60 mm en quelques heures qui a fait plus de peur que de mal.
Après Juillet, vint le mois d’Août. Alors que beaucoup avaient parié sur un mois pluvieux, nous avons connu ce que nous avions perdu depuis quelques années, un soleil d’Août magnifique, avec des températures estivales, et ce … jusqu’aux vendanges de Septembre. Elles ont débuté le 16 Septembre à la maison, pour nous offrir des raisins à maturité parfaite.
Encore une année qui pourrait être un millésime, mais attendons un peu, de voir ce que donnent les vins ! Pour le moment, les fermentations finissent, patience …
Rédigé à 17:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Allons y ! Remettons nous au travail des lignes et des pages d’écriture, car il me semble qu’après quelques mois d’inactivité (juste du côté du blog …), nous risquons de nous y endormir !
Le 22 Juillet dernier, était la date du premier jour de mise en bouteille. Comme depuis plusieurs années, pas de déceptions, et j’irai encore plus loin, pour moi, un millésime d’exception. Des vins frais et gourmands, une subtilité admirable que nous ont donné les vignes cette année.
De cette mise en bouteille, sont nées plusieurs cuvées que vous connaissez, ou que vous découvrirez peut être. La cuvée Sainte Anne, reflet des terrains à vignes du village, un assemblage qui tient sérieusement à dévoiler la typicité des sols de Merfy, dans sa globalité, et dans la différence de leur composition. Un millésime, en bouteilles et magnums, issu des parcelles du milieu de village (Couarres et les Heurtebises). Le Fiacre, vin charnu et gourmand cette année, issu comme toujours, de la vigne du Chemin de Reims.
Les Barres, vignes françaises, uniquement du Meunier de la parcelle qui a donné ce vin.
Les Orizeaux, parcelle de 56 années, habitée par des plants de vignes de Pinot noir en sélection massale. Et enfin les Alliées, une vigne de 40 ans en Meunier, cette fois sur la couche d’argile du village.
Voici les quelques photos que j’ai eu le temps de prendre durant ce moment agréable, partagé avec l’équipe, et quelques personnes invitées pour l’occasion :
Rédigé à 16:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Il y a des jours où tout va bien, puis, d'un coup d'un seul, nous apprenons une nouvelle qui fait retomber le moral, la pression ...
Aujourd'hui, je viens d'apprendre le départ de notre maître vendangeur, Georges. Un monsieur pour lequel tous, avions une grande estime, tant sa gentillesse, son sourire, ses conseils et son humour nous rendait heureux.
Il a fait, et fera toujours parti de l'ambiance des vendanges, il a coupé les raisins que vous dégustez en vin, il a organisé tout ce petit monde de vendangeurs, pour aujourd'hui rejoindre un endroit plus clément.
Toute l'équipe de la maison, les pressureurs, la famille, te souhaitela place que tu mérites où tu te trouves. Ici, nous ne t'oublierons pas.
Pensée à ta famille
Rédigé à 21:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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